vendredi 3 février 2012

Le dessin : les petits aussi ! par Pauline Kergomard

L’enfant doit apprendre à regarder et à rendre compte de ce qu’il a vu. – Les ardoises. – Les lattes. – Les modèles dits Fröbel. – Les modèles représentant des objets usuels. – Les dessins d’imagination. – Comment la directrice fera faire l’exercice du dessin. – Le dessin sur les cahiers.

Le dessin a été considéré pendant longtemps, lui aussi, comme un art de luxe.
Certes, il est agréable de savoir dessiner ; toute personne comprenant la nature serait heureuse de fixer sur un album le souvenir des paysages qu’elle a admirés ; dans les soirées d’hiver, dans les longues journées de convalescence, le dessin est un compagnon, presque un bienfaiteur. Mais, si nous l’étudions au point de vue pédagogique, il est plus, il est mieux que cela, car il fait naître et développe la faculté d’observation. Aussi lui donnons-nous une place d’honneur dans nos écoles maternelles.
Prenons deux enfants, dont l’un passe auprès des objets sans les voir, qui laisse errer son regard et son esprit dans le vague, un de ces enfants qui répond : « Je ne pense à rien », toutes les fois qu’on lui demande : « A quoi penses-tu? » – et un autre qui s’intéresse aux choses, qui veut tout voir avec les yeux et avec les doigts. Il est évident que les progrès intellectuels du second seront plus rapides que ceux du premier ; il est évident aussi que l’éducation a des devoirs à remplir envers ces deux enfants : elle devra habituer l’un à regarder autour de lui, puis à examiner ; elle devra empêcher l’autre de tout regarder à la fois, de se contenter d’un coup d’œil superficiel.
Mais quel procédé employer pour l’un et pour l’autre ? leur donnera-t-elle simplement des conseils ?
Non ! la directrice exercera l’enfant à décrire ce qu’il a vu.
Pour décrire, il faut avoir des mots à sa disposition, et, quelque simple que soit l’objet, le vocabulaire d’un enfant de trois ou quatre ans est trop pauvre pour que celui-ci puisse ébaucher même une description.
C’est alors que l’ardoise et le crayon entrent utilement en scène ; l’enfant essaye de reproduire sur l’ardoise ce qu’il a devant les yeux. Je sais qu’au début c’est presque toujours informe, horrible. Qu’est-ce que cela me fait ? Que l’enfant regarde, qu’il voie, le reste viendra ensuite.
L’ardoise et le crayon sont en scène, ils doivent y rester, de même que le tableau noir. La directrice vient de raconter une histoire, ses petits auditeurs ont été intéressés, plusieurs lui en ont rendu compte, tel détail passé inaperçu de l’un a justement frappé l’esprit de l’autre,… qu’elle fasse dessiner par chacun des enfants la scène dont il s’est le mieux rendu compte, et l’histoire tout entière finira par vivre véritablement devant eux. Je vous le répète, au point de vue du dessin, ce sera horrible ; mais, je vous le répète aussi, cela ne me fait rien, parce que je suis sûre que le mieux viendra. Ce qui me préoccupe avant tout, c’est le but à poursuivre et à atteindre. Si aujourd’hui les éditeurs nous donnent des livres illustrés d’images, – même les livres d’arithmétique, – est-ce pour qu’ils soient plus jolis, pour qu’ils frappent davantage l’œil ? Peut-être ! Mais c’est surtout pour que l’image vienne au secours de la phrase imprimée, c’est parce que nous faisons véritablement de l’enseignement par les yeux, persuadés que nous sommes que, lorsque l’enfant a vu, il a presque toujours compris. J’en conclus que le tableau noir et la craie doivent être inséparables d’un bon enseignement ; un seul trait en dit souvent plus qu’une longue phrase.
Crayonner est un des bonheurs des enfants. Je crois que c’est, après le sable, ce qu’ils aiment le mieux ; les ardoises devront être posées à leur portée, de manière qu’ils puissent les atteindre toutes les fois qu’ils le désirent. Les bonnes tables ardoisées réalisent sur ce point notre idéal. J’ai vu des enfants de quatre ans racontant une histoire et reproduisant la scène sur l’ardoise, grâce à une série de points : « Ce gros-là, c’est le papa, puis voilà la maman, plus petite, et tous les enfants qui vont à la promenade. »
Mais ce sont là des idées générales, des « aperçus ».
C’est que je voudrais établir d’abord l’utilité pédagogique du dessin tant pour les instituteurs que pour les enfants. Je voudrais que les directrices fussent bien convaincues qu’il excite et développe l’esprit d’observation, qu’il donne de la rectitude à l’œil, qu’il est, en même temps qu’un plaisir, un des meilleurs moyens de faire l’éducation des doigts, qu’il est enfin un des plus utiles auxiliaires de l’instituteur.
Bien des raisons, vous le voyez, militent en faveur du dessin à l’école maternelle, et toute directrice digne de ce titre ou qui aspire à s’en rendre digne doit dessiner elle-même et faire dessiner ses petits élèves. Le dessin doit entrer comme exercice régulier dans l’emploi du temps de l’école maternelle ; tous les enfants des deux sections devront dessiner tous les jours.
Le dessin, dit le règlement du 2 août, sera d’abord la reproduction sur l’ardoise des figures faites sur la table, à l’aide de lattes ou de bâtonnets.
Rien de plus simple : une latte placée en long, en large, en diagonale donnera les trois différentes espèces de lignes droites, dont les noms sont inaccessibles et inutiles aux enfants, à ceux, surtout de la première section.
Que de combinaisons déjà avec deux lattes ! En écrivant la phrase qui précède, j’en ai ébauché dix ! A plus forte raison si nous augmentons le nombre des lattes.
Ces combinaisons peuvent être faites par des enfants de trois ans, si cela les amuse.
Revenons à notre premier exercice. L’enfant a placé une latte sur sa table dans le sens vertical. La directrice reproduit la ligne au tableau noir ; tous les enfants la tracent sur l’ardoise. Cette ligne est effacée, tant sur l’ardoise que sur le tableau ; les petits élèves la tracent de nouveau sur leur ardoise. De même pour l’horizontale, de même pour l’oblique, de même pour les combinaisons de lattes qui seront faites dans les exercices suivants.
Nous le répétons : dans les premiers jours, les petites mains malhabiles ne traceront que des choses informes, mais les directrices ne devront pas s’en effrayer, se dire que c’est impossible ; nous leur assurons au contraire que « cela viendra ». Cela est déjà venu dans beaucoup d’écoles maternelles : les directrices ont trouvé dans le dessin un élément éducatif très sérieux et les enfants un passe-temps agréable.

La reproduction sur l’ardoise des figures faites au moyen de lattes est beaucoup plus facile pour l’enfant que celle d’un modèle tracé préalablement au tableau noir. C’est lui-même qui a fait cette figure, il sait de combien de lattes elle se compose, il se rappelle dans quel ordre il les a posées, par quel point elles touchent l’une à l’autre. Bientôt il comprendra le modèle fait au tableau ; c’est vraiment là ce que nous appelons aller du connu à l’inconnu.
Autant que possible, il faut que ces figures composées à l’aide de lattes représentent des choses que l’enfant connaît, dont il sait parler. Deux lignes parallèles, verticales, en tant que parallèles et verticales, n’ont pour lui aucun intérêt ; mais, si elles deviennent les deux montants de la porte ou les deux cordes pendantes du gymnase, ce sont pour eux de vieilles connaissances qu’ils prennent plaisir à reproduire. Si ces parallèles sont horizontales, ce seront les rails du chemin de fer. Deux lignes droites formant des angles aigus, obtus, représentent différents écartements du bras et de l’avant-bras. C’est très important ! les enfants feront de la géométrie, et de la bonne, sans s’en apercevoir, en s’amusant ; le tout est de savoir s’y prendre. Avec trois lattes ils feront une chaise, quelle joie ! Il y a là une mine pour une directrice intelligente et de bonne volonté.
L’enfant de la seconde section peut comprendre le modèle fait sur le tableau.
Quelle collection choisira la directrice ? Les modèles dits Frœbel, c’est-à-dire surtout du dessin d’ornement ? Je ne crois pas devoir l’y engager, si ce choix devait être exclusif. Certes, il est bon de savoir faire un carré, puis dans ce carré une étoile, et d’enserrer carré et étoile dans une ligne courbe ; l’enfant réussit même très bien ce genre-là ; mais il préfère de beaucoup – c’est un fait acquis – les objets qu’il voit, dont il se sert, qui sont ses choses ; ensuite l’habitude de ces dessins devient une routine ; l’observation n’a plus rien à faire, le travail est tout machinal ; enfin ce genre de modèle laisse de côté ce qu’il y a de plus utile dans l’enseignement du dessin, je veux parler du sens des proportions relatives des objets.
J’engage donc les directrices à varier : qu’elles ajoutent à quelques dessins d’ornement un plus grand nombre de modèles reproduisant des objets usuels, et qu’une fois par semaine elles fassent faire un dessin d’imagination, c’est-à-dire ce que chaque enfant « voudra » faire. Il serait même bon, ce jour là, de retourner l’ardoise du côté non quadrillé, pour que l’enfant fût tout à fait livré à lui-même.
Mais les modèles ! il faut qu’ils soient faits aux tableaux noirs ; j’emploie le pluriel avec intention, parce qu’un seul tableau est tout à fait insuffisant, surtout dans les écoles où les élèves travaillent encore aux bancs latéraux. Ces modèles doivent être faits en présence des enfants, et bien en vue, – cette recommandation est moins puérile qu’elle ne le semble, – bien en vue de tous les petits dessinateurs.
On ne se rend pas toujours compte qu’un modèle, bien éclairé pour un groupe d’enfants, est dans l’ombre pour un autre groupe. La directrice doit donc s’assurer que tout le monde voit ; pour cela, il faut qu’elle s’assoie aux bancs, à plusieurs places successives, qu’elle se fasse aussi petite que ses petits élèves.
Et puis, pour le dessin comme pour toute chose, l’enfant doit être guidé ; il faut surveiller la tenue, rectifier les lignes mal faites. Naguère encore – c’est-à-dire avant le sectionnement – les uns dessinaient pendant que les autres lisaient, et, comme, avec la meilleure volonté du monde, une directrice ne peut être partout, ni la lecture ni le dessin n’étaient vraiment surveillés.
Voici comment il faut procéder : Les enfants munis de leurs ardoises et de leurs crayons – de la façon la plus expéditive, – la maîtresse se met devant le tableau noir, tout noir ; elle dessine un trait, en indiquant bien la manière de s’y prendre. « Dessinez ce trait », dit-elle aux enfants. « Montrez vos ardoises, sans sortir de vos places... » D’un coup d’œil ou d’un mot elle encourage ceux qui ont bien fait ; elle va vers l’enfant qui n’a pas réussi, le fait recommencer sous sa direction, amène l’enfant paresseux à travailler aussi, puis elle dessine le second trait.
« C’est bien long ! » pense-t-on peut-être. Pas autant qu’on pourrait le croire. C’est une question de discipline, d’habitude à prendre, d’éducation en un mot. Ce qui m’a le plus frappée dans les écoles maternelles de Londres, c’est que tous les enfants exécutaient l’exercice indiqué. A l’heure du pliage, tous pliaient ; à l’heure du dessin, tous dessinaient.
Le dessin se fait à l’ardoise, mais nous ne réprouvons pas – comme luxe ou comme récompense, une fois par semaine – l’usage des cahiers. Nous verrons avec plaisir les directrices mettre dans les mains des enfants des crayons de différentes couleurs. Un cahier bien fait – par l’élève –fait plaisir aux parents un jour de fête ou le premier janvier; or, tout jeune encore, il est bon que l’enfant comprenne que l’on n’a de vrai bonheur que celui que l’on fait aux autres.

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C'était un chapitre de :

L'éducation maternelle à l'école

Troisième partie : Section des grands

CHAPITRE XIII, L’ENSEIGNEMENT DU DESSIN

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Voir aussi le site : Le temps des instituteurs
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source de l'image : http://www.educol.net/coloriage-petit-enfant-dessine-i11879.html
L'ouvrage de Pauline Kergomard, L'éducation maternelle dans l'école, paru en 1886, a contribué à installer définitivement en France l'idée d'école maternelle. 

I- Education
1. L'école maternelle - 2. Le local - 3. Qu'est-ce qu'une école maternelle ? - 4. L'école maternelle éducatrice - 5. L'école maternelle mixte - 6. L'éducation, ensemble de bonnes habitudes - 7. Education morale 

II- La section des petits
8. Eléments éducatifs dont dispose l'école maternelle

9. Le sectionnement

Voir aussi l’article « Maternelles (Ecoles) » de P. Kergomard dans le dictionnaire Buisson de 1911 : http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3142)

III- La section des grands 
10. Encore et toujours l'école maternelle éducatrice 


PAR

Mme P. KERGOMARD

INSPECTRICE GÉNÉRALE DES ÉCOLES MATERNELLES

LIBRAIRIE HACHETTE ET Cie, PARIS, 1886

  Version complète ou chapitre par chapitre : 

http://michel.delord.free.fr/kergomard-educmater.html

 

Voir la discussion sur le forum Neoprofs :

La visée


Des précisions sur la technique évoquée dans l'article sur le dessin d'observation.
On ne se sert jamais du crayon pour s'appuyer dessus pour tracer un trait en dessin... On va s'en servir comme règle mais seulement au sens de mesure des longueurs (unité de longueur non standard, du type "je vois cette patate avec une longueur équivalente à la distance entre la pointe de la mine et la lettre "H" sur le bois")
On appelle cette technique la "visée"

« Pour démarrer à la visée il faut d’abord choisir une unité de base avec le crayon, en tendant le bras (une fenêtre pour une maison par ex.). Tenez le crayon verticalement à bout de bras, le haut du crayon aligné sur le haut de la fenêtre. Placez-y ensuite votre pouce de façon à ce qu’il se trouve aligné sur le bas de la fenêtre.

Utilisez cette mesure pour déterminer combien de fenêtres tiennent dans la hauteur du bâtiment, en laissant votre pouce au même endroit sur le crayon et en gardant le crayon à bout de bras. »

BROWN David, Dessiner en perspective, Vigot, 1998.

Cela va être valable pour dessiner des grands éléments, comme un bâtiment: pour qu'il tienne sur la feuille, on va prendre une unité de mesure comme la fenêtre, il y aura la hauteur de la "fenêtre réelle" et la hauteur de la "fenêtre représentée". Chaque fois qu'on voudra représenter un autre élément, on déterminera à l'aide de la visée combien de "fenêtres" il mesure. Ensuite on le représentera à l'aide de l'unité "fenêtre représentée". Par exemple, si la porte mesure 2,5 fenêtres, on tracera un trait qui mesure 2,5 fois plus que celui qui représente la fenêtre. Ainsi on respecte les proportions (et on fait des mathématiques en même temps)

Pour représenter quelque chose qu'on voit devant soi, comme une nature morte (ou un portrait), c'est plus simple (mais plus difficile à expliquer) parce qu'on n'a pas besoin de réduire l'échelle de représentation. Si on constate sur le crayon que la pomme de terre fait "tout le crayon sauf la mine" on va tracer un trait qui fait approximativement la longueur de "tout le crayon sauf la mine" et on ajuste ensuite en raccourcissant ou en rallongeant si lorsqu'on met le crayon contre le trait on s'aperçoit que ce n'est pas exactement la bonne taille... (pas besoin d'avoir 2 crayons dont un pour mesurer)
Idem pour mesurer une inclinaison, on vérifie que le crayon mis contre le trait a la même inclinaison (par rapport au bas de la feuille par exemple) que lorsqu'on le met face à ce qu'on veut représenter.

Par exemple, l'autre jour j'ai voulu peindre un paysage:


Pour savoir quelle était l'inclinaison des pentes enneigées devant moi, ou celle de la route, j'ai pris comme repère mon crayon et cette visée...

Mesurer une hauteur

Estimer une inclinaison


Pour une bonne visée, il faut garder un œil ouvert et un œil fermé, le bras toujours tendu de la même façon, et, dans le champ de vision, le crayon doit se substituer à l'axe de l'objet.

jeudi 2 février 2012

Cercle chromatique à manipuler






D'après une idée présentée dans "la joie de dessiner" de R. Bresson


Figure 2





Figure 3 (le cercle chromatique de la figure 2 colorié)


Pour utiliser ce disque mobile, il faut découper  les 2 cercles (figures 1 et 2) , évider les 2 rectangles et les 3 triangles de la figure 1 et colorier le disque chromatique divisé en 12 couleurs principales (les 3 primaires, les 3 secondaires et les 6 tertiaires). Pour savoir comment mélanger les couleurs primaires afin de produire les 9 autres, il faut se reporter à la leçon précédente (ou imprimer le cercle déjà colorié! ) 
Une attache parisienne placée au centre des disques permet de faire tourner le cache (figure 1) sur les couleurs de la figure 2 et de mettre en évidence les contrastes les plus forts (les couleurs opposées sur le disque sont, on l'a vu, complémentaires) et les "harmonies", à savoir les couleurs les plus proches les unes des autres (et qui sont les plus proches également sur le disque)


On peut décider de choisir de se limiter aux deux couleurs apparaissant dans les rectangles ou au contraire aux 3 qui apparaissent dans les triangles pour un même travail et constater les effets produits.

Le résultat en image avec un coloriage assez grossier:

une coccinelle blanche



Couleurs complémentaires

Couleurs assorties

mercredi 1 février 2012

Prendre conscience des couleurs

Le cercle chromatique présenté précédemment est évidemment très simplifié. En réalité, il existe une infinité de couleurs dans le spectre que nous pouvons percevoir.
Les jeunes enfants apprécient tout particulièrement les couleurs très vives, et plus il y en a, mieux c'est... "C'est joli !" est souvent synonyme pour eux de "c'est coloré" et il ne s'agit absolument pas ici de les empêcher d'utiliser toutes les couleurs qu'ils veulent pour leurs réalisations, je m'en voudrais beaucoup si je les en privais ainsi !

Mais observons maintenant ce que l'on voit vraiment... De quelle couleur est le blé ? Jaune ? Pas si sûr !

 Les meules de foin de Monet, peintes à différents moments de l'année et de la journée (vers 1890):









Eh oui, les blés peuvent paraître un peu vert, un peu bleu, un peu violet selon le contexte. Il est de toutes façons très rare d'observer vraiment un ciel bleu cyan, des fleurs magenta ou du gazon d'un vert pur...

J'avais commencé à écrire des explications sur ce qu'étaient des couleurs rabattues ou rompues, sur les constrastes des couleurs entre elles,... et puis j'ai découvert ce site :
Les couleurs de Sophie

La leçon de vocabulaire est donc faite sans que j'aie quoi que ce soit à rajouter!

Pratiquons un peu à présent... Nous avons parlé des crayons de couleur précédemment, mais pour faire des mélanges plus subtils plus facilement (encore qu'il existe des grands maîtres du crayon de couleur !), autant utiliser la peinture.

Généralement, dans les classes, on trouve de la gouache, de l'acrylique ou des encres colorées.
La gouache est plus épaisse et à moins de la diluer beaucoup, elle est opaque,
l' acrylique est brillante, sèche vite et résiste à l'eau une fois sèche,
les encres sont translucides et très faciles à travailler et à mélanger, on n'en a besoin que de quelques gouttes au fond d'un gobelet pour un rendu très lumineux. Toutes ces peintures peuvent être utilisées avec de l'eau. Comme nous l'avons expliqué précédemment, nous n'aurons besoin que des couleurs primaires et éventuellement, du blanc et du noir.
Plus la couleur est saturée, plus elle est vive. En la diluant avec de l'eau ou en la mélangeant à du blanc (que ce soit une autre peinture ou le blanc de la feuille), on agit sur la valeur de cette couleur. On peut aussi la foncer et changer sa valeur en la mélangeant à du noir (la couleur est alors rabattue) Vous pouvez d'ailleurs observer que le matin ou le soir, lorsque la lumière diminue, les couleurs deviennent plus ternes, tandis que lorsqu'on est ébloui, on ne voit plus non plus les couleurs aussi vives, elles semblent se fondre dans du blanc saturé.

un "clair de lune" de Turner, vers 1797


Dans la nature, on observe énormément d'éléments qu'on pourrait qualifier à première vue de "gris", mais le gris est simplement un mélange de noir et de blanc, totalement neutre, alors que lorsqu'on regarde bien, on ne voit que des "gris colorés", à peine violets, un peu bleutés, ou très légèrement bruns... On peut reproduire ces gris en mélangeant une couleur à sa complémentaire, de façon à obtenir quelque chose de "presque neutre, mais pas tout à fait".

Notre fameuse patate, à l'aquarelle, je peux témoigner n'avoir utilisé ni blanc, ni noir pour la peindre, d'ailleurs il n'y en a pas dans ma boîte de couleurs.
Un défi possible (mais très ardu avec les couleurs subtiles) est de "reproduire la bonne couleur" avec les 3 couleurs primaires, le noir et le blanc. Cela demande un peu de réflexion et d'entrainement pour y arriver de plus en plus facilement.


Comme ce sont des peintures à l'eau, on peut remarquer qu'elles sont repoussées par les surfaces hydrophobes, notamment par la craie grasse, c'est pourquoi on peut dessiner à la craie et passer ensuite de la couleur sur la surface, il n'y aura pas de mélange, le trait restera bien visible.

dessin à la craie blanche sur papier blanc, révélé par l'encre de couleur déposée ensuite au pinceau.


 Illustration d'une poésie: dessin à la craie grasse et fond à l'encre 


(couleurs complémentaires!) 


Un petit perroquet qui peut prendre les couleurs que l'on veut: